Aujourd'hui,
URGENT
Côte d'Ivoire: décédé le 8 juillet 2020, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly inhumé le  17 juillet à Korhogo. 
Mali: le Premier ministre a déclaré vouloir former "très rapidement" un gouvernement d'ouverture.
Mali: plusieurs figures de l'opposition arrêtées samedi après des troubles quasi insurrectionnels qui ont fait quatre morts. 
Présidentielle: Roch Marc Christian Kaboré officiellement investi par le MPP pour briguer un nouveau mandat en novembre 2020.
Transports: la liaison ferroviaire entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso a repris mercredi 8 juillet 2020 sur l'ensemble de la ligne. 
Mauritanie: le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, prend part ce mardi 30 juin 2020 à à un sommet G5 Sahel-France. 
Tchad: le président Idriss Deby élevé au rang de Maréchal par les députés. 
Burkina: le gouvernement commande 2 700 tonnes de riz pour faire face à la crise humanitaire.
Santé: la République démocratique du Congo déclare la fin d'Ebola à l'est du pays. 
Burkina: le musicien Smarty devient le tout premier Ambassadeur de bonne volonté́ de l’Unicef au Burkina. 

TRIBUNE

En dépit de l’incrédulité de certains, le coronavirus est bel et bien une réalité au Burkina Faso. De 02 cas, le 09 mars, le pays est passé, à la date du 23 mars,  à 99 cas officiels avec 04 décès et 05 guérisons.  Selon les experts de la santé, le nombre de cas pourrait rapidement exploser dans les jours à venir  si les mesures appropriées ne sont pas rigoureusement appliquées. Prenant le taureau par les cornes,  le Président du Faso a annoncé ce 20 mars une batterie de mesures  dont le respect devrait permettre de contenir la propagation du virus. Mais des mesures individuelles et collectives de protection, certains concitoyens n’en n’ont cure. L’insouciance et la dolce vita semblent être leur marque de fabrique ! L’heure est grave.  La situation du pays pourrait rapidement empirer si l’incivisme et l’insouciance perdurent. L’autorité de l’Etat doit donc s’affirmer dans toute sa plénitude par des mesures plus drastiques.

A l’allure où vont les choses, le confinement général de la population devient impératif.  L’heure n’est plus aux tergiversations. Selon les experts, la contagion s’accélère beaucoup plus vite une fois que la barre des 100 cas est franchie. Dans son discours du 20 mars,  le Président Roch Kaboré a pris les mesures que commandait la situation: interdiction de tout regroupement de plus de 50 personnes, instauration d’un couvre-feu de 19h00 à 5h00 du matin, sur toute l’étendue du territoire, fermeture des aéroports de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, aux vols commerciaux, pour une durée de deux semaines, renouvelable, à compter du 21 mars 2020, fermeture des frontières terrestres et ferroviaires, pour une durée de deux semaines, renouvelable, à compter du 21 mars 2020, suspension des opérations d’enrôlement biométrique et des opérations spéciales de délivrance de cartes nationales d’identité burkinabè,… 

En dépit des ravages que cette pandémie cause dans le monde (plus de 5000 morts en Italie), de nombreux Burkinabè pour qui les habitudes ont la peau dure, continuent, dans une insouciance totale, à fouler au pied les consignes. Ainsi, le non respect des règles d’hygiène, des horaires du couvre-feu,  de l’interdiction des regroupements  se poursuit allègrement exposant ainsi les contrevenants et l’ensemble de la société au virus. 

Etant respiratoire, la maladie se transmet par des gouttelettes quand on éternue ou tousse. Ces gouttelettes peuvent facilement se retrouver sur la  ou les personnes à côté de soi. Elles peuvent aussi se déposer sur des superficies et y rester pendant plusieurs heures.

Toute personne qui viendrait à toucher ces superficies et à se frotter le visage  peut potentiellement être contaminée. La meilleure chose à faire lorsque l’on se trouve dans ces cas, c’est de ne pas avoir de contact au risque d’être contaminé. Mais ici, les gens continuent de se regrouper dans les mariages, baptêmes, funérailles, maquis et bars. 

Au regard de la courbe de l’épidémie, le Burkina Faso risque de battre de tristes records. Il faut donc dès à présent  décréter le confinement général pour au moins deux semaines  des villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso ; tout en poursuivant la surveillance épidémiologique des autres localités touchées ou non.  L’inaction  ou le retard dans la prise de décision pourrait avoir des conséquences incalculables. 

Mais le confinement n’aura guerre d’effet s’il n’est pas appliqué. Les FDS, dont le professionnalisme n’est plus à démontrer, doivent être mobilisées pour faire respecter la loi.  Les contrevenants doivent être sévèrement sanctionnés. L’Assemblée Nationale pourra légiférer en ce sens pour permettre aux acteurs chargés de l’application de la mesure d’agir en toute légalité et en toute sérénité.  On ne badine pas avec la santé et l’avenir de tout un pays. Il faut qu’on se le dise. Chaque burkinabè doit se préparer  à des lendemains particulièrement difficiles. 

Avoir la sagesse de ne pas creuser sa propre tombe

Cette guerre contre le coronavirus, n’est et ne sera pas une promenade de santé. Nous y sommes embourbés pour longtemps… Le cours normal de la vie ne reprendra pas de si tôt. Il faut plus que jamais s’auto discipliner en respectant scrupuleusement ces mesures :

- Rester chez soi ;

- Ne pas se serrer les mains ;

- Ne pas s’embrasser ;

- Se laver régulièrement les mains au savon ;

- Observer la mesure de distance d’un mètre au moins

- Eviter les regroupements;

- Alerter les services de veille en cas de suspicion au numéro vert 3535.

Sur le plan socio-politique, c’est le moment pour les Burkinabè de taire leurs divergences, de faire chorus autour du chef de l’Etat car l’avenir du pays est en jeu. Toutes les forces et toutes les intelligences significatives du pays doivent être consultées dans la recherche de solutions idoines. Le temps presse. Il faut agir. Dès maintenant. 

La responsabilité, c’est ce don le pays a le plus besoin aujourd’hui. En ce sens, il convient de saluer l’action des ministres, autorités et autres personnes qui divulguent les résultats de leurs tests pour permettre ainsi à leurs proches de prendre les dispositions qui s’imposent. Il faut poursuivre dans cette dynamique car il n y a aucune honte à être testé positif au covid 19.

C’est une maladie qui se soigne parfaitement et dont on peu guérir en moins de 10 jours si les consignes sont respectées. Le Burkina Faso est encore face à un immense défi.  Il ne faut point sombrer dans le catastrophisme ou accuser le sort. Nous devons, comme un seul homme, nous dresser contre l’ennemi et contribuer ainsi à redorer le blason du pays sur la scène internationale.  Le comité de gestion du covid19 doit actualiser sa stratégie.

En accord avec la communauté scientifique et les différentes forces vives,  le Chef de l’Etat, doit décréter le confinement.  Partout où qu’ils se trouvent, les Burkinabè doivent quant à eux, avoir la sagesse de ne pas creuser leur  propre tombe…

Jérémie Yisso BATIONO

Enseignant chercheur

Ouagadougou 

 

 

 

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