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TRIBUNE

Dans cette tribune, Ablassé Ouédraogo, président du parti « Le Faso Autrement » estime qu’il faut que les Burkinabè doivent maintenant aller à la réconciliation nationale surtout après la fin du procès du putsch manqué de septembre 2015.

Maintenant que le procès du coup d’Etat manqué est derrière nous,  allons de l’avant, allons à la Réconciliation nationale !

Le tribunal militaire chargé de juger les présumés auteurs, co-auteurs et complices de la tentative de coup d’état du 16 septembre 2015 a rendu son verdict le 2 septembre 2019. Sans aucune surprise, les personnes poursuivies ont écopé des peines d’emprisonnement. Convaincus que la seule utilité de ce procès est de mettre à l’ombre, des individus potentiellement dérangeants, nous n’avons jamais cessé de dire que ce procès voulu et orchestré par le pouvoir actuel ne contribuera en rien à résoudre les nombreux problèmes vitaux auxquels est confronté notre pays. Nous savions qu’à la fin de ce procès éminemment politique, la sentence sera naturellement politique et on est légitimement tenté de dire:

Tout çà pour çà ! 

D’énormes ressources humaines, matérielles et militaires ont été réquisitionnées, des sommes ahurissantes ont été englouties dans l’organisation de ce procès. Aujourd’hui, cette messe est dite et les tenants de la vengeance à tout prix ont eu gain de cause : le tribunal a prononcé les condamnations attendues.  Nous prenons acte de ce verdict qui, à notre avis, ne satisfait que des intérêts individuels et catégoriels, mais nullement ceux de la nation.

Maintenant que ce procès est fini, tout le monde s’accordera à reconnaître et dire que la page est tournée. On peut donc se demander qu’est-ce qu’on fait après ? Quelle est la suite ? 

Les véritables problèmes du Burkina Faso demeurent intacts et ne cessent d’empirer. Même la situation des victimes n’a pas changé.  Il est évident et constant qu’avec ce procès, on a évité de rechercher et de traiter les causes sérieuses et profondes du mal qui ronge notre pays, à savoir le manque de dialogue franc qui se manifeste continuellement par l’application de la loi du plus fort. Toute la vérité n’a certainement pas été dite, toutes les personnes qui auraient pu contribuer à l’établissement de cette vérité n’ayant pas été appelées devant le tribunal. 

Aujourd’hui, tout le monde feint d’ignorer que ce coup d’état, quoique condamnable, est la réaction certes inappropriée à la mauvaise gestion patente de la transition, qui avait fait voter la loi d’exclusion dans le seul but de favoriser l’accession au pouvoir d’un groupe d’individus, eux-mêmes penseurs, auteurs, co-auteurs et complices de la tentative de révision de l’article 37 de notre Constitution, à laquelle le peuple a répondu par l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.     

N’ayons pas peur des mots et montrons notre amour pour ce pays qui nous a tout donné : nous sommes tous collectivement responsables de la situation intenable dans laquelle notre pays et nos malheureuses populations sont plongés depuis cinq ans. Le MPP est une émanation du CDP ; la classe politique actuelle dans son écrasante majorité a servi et encensé le régime COMPAORE que beaucoup vilipendent aujourd’hui, puisque c’est dans l’ère du temps et surtout qu’il est nécessaire de se remplir la panse, oubliant que le peuple insurgé en 2014 a déjà ouvert les yeux, et sait maintenant qui l’a conduit dans cette situation de désolation.  

Dans les prochaines semaines, on allouera probablement des millions de francs cfa aux victimes et ayant- droits du coup d’état manqué, ce qui est normal, soit ! Mais est-ce que c’est cela qui va apaiser les âmes de nos frères et sœurs et de nos enfants morts ? Assurément PAS, car seuls la paix et le vivre-ensemble retrouvés permettent aux morts de savoir qu’ils n’ont pas versé leur sang pour rien ! Seules la paix et la concorde permettent de garantir la non répétition des violences. Nos gouvernants actuels semblent sourds et aveugles à cette évidence, préférant persévérer dans leur logique de bras de fer et de démonstration de muscles, alors que le peuple, qu’ils sont censés servir, se meurt à petit feu, sous leurs yeux. 

L’insécurité aujourd’hui a atteint un niveau indescriptible et de facto, des pans entiers de notre territoire national sont sous le contrôle de forces occultes ennemies. Notre pays continue de payer un lourd tribut au terrorisme, le sang des Burkinabè continue de couler, le décompte macabre des morts enregistrés ne cesse d’augmenter. Des milliers de Burkinabè fuyant les exactions sont en errance dans leur propre pays sans savoir de quoi sera fait leur avenir ; ils sont pudiquement désignés par le vocable de « personnes déplacées internes ». Tout ceci sans qu’aucune des manœuvres de notre armée, mal équipée et pas formée pour cette guerre asymétrique sans qu’aucune exhibition de pectoraux de nos stratèges bureaucrates ne parvienne à endiguer ce fléau qui consume notre pays et nos populations. 

Pourtant, oui et pourtant, il suffirait que nos dirigeants, avec à leur tête, le Président Roch Marc Christian KABORE, son Premier Ministre et le Président de l’Assemblée Nationale décident enfin d’écouter leur cœur de pères, de laisser s’exprimer leur fibre nationaliste et leur esprit patriotique, pour comprendre que seule la réconciliation nationale par le biais d’un dialogue national inclusif, ouvert et sincère permettra de sauver notre pays du chaos.

Disons-le, encore haut et fort, il n’est peut-être pas encore tard, mais on se rapproche de plus en plus dangereusement du précipice. C’est donc maintenant, plus que jamais, que le Président du Faso doit faire œuvre utile et salvatrice pour son pays et ses populations, en initiant le dialogue national inclusif, ouvert et sincère devant aboutir à la réconciliation nationale, seule alternative réaliste pour sauver et reconstruire le Burkina Faso. 

Nous lui lançons une fois encore un appel pressant et l’invitons instamment à faire preuve de courage politique en enclenchant le processus du dialogue national inclusif, ouvert et sincère. Comme on le dit, le vrai leader est celui qui sait prendre les bonnes décisions aux bons moments.

Puissent les mânes de nos ancêtres et les âmes de nos défunts ouvrir les cœurs et les esprits de tous, afin qu’ensemble et humblement, nous reconnaissions tous que, seule la réconciliation du Burkina Faso avec lui-même et des Burkinabè entre eux, puisse permettre à notre pays de retrouver la paix, la sécurité, la stabilité, la confiance et le développement pour mieux asseoir un vivre-ensemble heureux pour tous. 

Que Dieu protège le Burkina Faso! 

 

 Ouagadougou, le 23 septembre 2019

        Le Président

   Dr. Ablassé OUEDRAOGO

Commandeur de l’Ordre National

 

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