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©Dr/BISO/Adejoke Tugbiyele, lauréate du 1er Prix BISO, le prix Léridon, avec Beya Gille Gacha

CULTURE

La capitale burkinabè abrite depuis le 8 octobre et ce jusqu’au 15 novembre 2019, la 1re édition de la Biennale internationale de sculpture de Ouagadougou (BISO). 17 jeunes créateurs et artistes provenant de 11 pays exposent leurs œuvres diversifiées à l’Institut français de Ouagadougou. « Oser inventer l’avenir » est le thème retenu pour les différentes créations.

La sculpture africaine sous toutes ses formes et sa diversité s’expose à Ouagadougou, une première dans le monde, de découvrir en un seul lieu et durant plus d’un mois les facettes de la sculpture du continent africain. La BISO comme son initiateur Nyaba Ouédraogo  l’a indiqué, est née pour combler un vide: « En tant qu’africains, nous avons toujours connu l’art à travers la sculpture. Si vous rentrez dans la maison de nos parents au village, vous allez voir un bout de bois par ci et par là (…) La sculpture c’est l’art de nos ancêtres et nous en tant que jeunes notre devoir c’est d’en parler. C’est pourquoi j’ai emprunté la célèbre phase de Thomas Sankara, il faut oser inventer l’avenir. Donc c’est une invitation aux artistes africains à se réapproprier leur culture et à montrer au monde qui nous sommes».

L’objectif de cette biennale est d’être d’abord une plateforme dédiée à la valorisation du travail des sculpteurs  africains contemporains. Ensuite, elle permet de présenter aux publics amateurs et avertis, « la richesse de la production artistique africaine  en sculpture ».

Pour récompenser les sculpteurs présents à cette édition, plusieurs prix ont été décernés dont celui du prix BISO. Le jury, constitué des grands noms de l’art africain tels Barthelemy Toguo, après avoir passé en revue les œuvres selon le thème « osons inventer l’avenir » a décerné le 1er prix BISO, Leridon,  à Beya Gille Gacha pour sa création « Orant # 5 » et à l'artiste Adejoke Tugbiyele pour son oeuvre « Ange». 

Dans cette œuvre de Beya Gille Gachaqui qui a été primée, « un enfant brise le sol en béton afin de révéler la terre étouffée et d’y planter trois arbres hautement symboliques et fertiles : un Karité, un Néré et un Bambou. »  « L’artiste a souhaité ainsi rappeler la parole visionnaire de Thomas Sankara, qui instituait de planter un arbre à chaque grande occasion. Brisant le cadre imposé par l’éducation et la société, cet enfant ose prendre sa place et fait naitre un nouvel avenir en replaçant les enjeux environnementaux et écologiques au centre des préoccupations » fait savoir le comité d’organisation dans l’interprétation de l’œuvre.

Dans l'oeuvre « Ange» de l'artiste Adejoke Tugbiyele,  «les balais traditionnels - associés historiquement aux femmes – sont transformés en lignes et en formes qui célèbrent l’essence, la beauté et la force des femmes. Inspirée par la vision et l'héritage de Thomas Sankara et de son mouvement de libération des femmes, la sculpture suggère la présence d’hommes bi-spirituels et/ou de femmes pleine d’énergie féminine pouvant se présenter comme des anges divins».

Le Jury par la voix Barthélemy Toguo a surtout apprécié la richesse et la diversification des œuvres sélectionnées pour cette première Biennale. 

M. Toguo estime en outre  que la création de cette biennale permettra accroître les scènes artistiques sur le continent. Ce qui contribuera à la mise en place d’un véritable marché artistique africain. L’exposition in continue quant à elle jusqu’au 15 novembre à l’Institut français de Ouagadougou.

 

 

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