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CULTURE

Il est l’un des plus productifs de sa génération et compte parmi les rappeurs burkinabè qui entendent donner un second souffle au genre hip-hop au Burkina. Il s’est fait remarquer ces derniers temps de fort belle manière avec son célèbre single «Zida ne va plus au zoo», réalisé en collaboration avec le célèbre Smarty.

Artiste assez original et atypique, Sa Majesté Askoy impressionne plus d’un par son style, son «flow» et son originalité. C’est ce qui lui a d’ailleurs valu d’être présent lors des grands rendez-vous musicaux et culturels, aussi bien sur le plan national qu’en dehors des frontières du Burkina ces deux dernières années. Il a toutefois fallu d’énormes sacrifices à Assan Youssef Kaboré — son nom à l’état civil — pour en arriver là. 

Aîné d’une famille de deux enfants (un garçon et une fille), ce fils d’enseignants des lycées, aujourd’hui en service à l’Université Ouaga I Pr Joseph Ki-Zerbo, est natif de la ville de Ouagadougou. «Digne enfant» du quartier Wemtenga, né le 31 octobre 1983, c’est «le sifflet à la bouche en octobre 2014» qu’il souffle sa 29e bougie, alors que l’insurrection populaire battait son plein.

Mais bien avant de déposer ses valises dans la capitale burkinabè, il passe une bonne partie de son enfance aux côtés de sa grand-mère, dans la localité de Mogtédo (76 km à l’est de Ouagadougou). Il regagne donc ensuite Ouagadougou pour poursuivre ses études, après un séjour à Tanghin Dassouri (24 km à l’ouest de Ouagadougou). Après l’obtention du baccalauréat en 2007, celui qu’on connaît aujourd’hui sous le pseudonyme de Sa Majesté Askoy opte pour des études en Sciences de la vie et de la terre (SVT) à l’Université de Ouagadougou. «Mon parcours académique prendra fin en 2010. J’ai décidé de mettre un terme aux études après avoir fourni des efforts qui ne portaient pas vraiment fruit», résume le Yêrê-Boy (un autre de ses sobriquets). 

Celui qui a été sacré Kundé du meilleur featuring au titre de l’année 2018 se consacre alors à sa passion pour le rap. «Le rap et moi, c’est depuis le bas-âge. Cela remonte à l’époque où j’ai rejoint mon père. Toute musique que j’écoutais était dans ce même rythme et nous étions en 1995.» Askoy commence à griffonner ses premiers textes en s’inspirant des Fugges, de Passi, de Lunatic, etc. qu’il adulait. 

Mais s’il sort son premier album, «Nêkré», en 2015, il n’avait pas pour autant l’intention première de faire carrière dans ce milieu. «Je voulais surtout extérioriser ma pensée», confie-t-il, ajoutant même qu’il «écrivait des textes qui, à la limite, n’étaient pas cohérents». 

Mais l’appétit venant en mangeant, la révélation de l’année 2016 aux Victoires de la musique du hip-hop au Faso prendra goût à cet art. C’est ainsi qu’«au début des années 2000, je m’y suis investi corps et âme. Tout en continuant les cours bien entendu», fait-il savoir. A l’instar de bon nombre d’artistes officiant dans cette même discipline qui est le rap, Askoy, en compagnie de certains de ses camarades, prendra part à des «sound system» et autres compétitions. De ces expériences en tant qu’amateur, naquit  «Version H, mon premier groupe», se souvient-il. 

Néanmoins, il fera le choix de poursuivre l’aventure en mode solo à partir de 2006. Pour lui, ce choix s’imposait, dans la mesure où «j’avais du mal à exprimer le talent qui sommeillait en moi. Et j’ai pensé qu’opter pour une carrière solo était mieux pour moi».   

Au regard du nuage sur lequel il vit du fait de la notoriété acquise, il se convainc que son choix a été judicieux. Alliant si bien rapidité et flows dont lui seul détient le secret, l’homme à la casquette (accessoire dont il ne sépare presque jamais) plonge les mélomanes dans un univers magique, où il incite les uns et les autres à une prise de conscience. A travers ses textes, Askoy se veut très critique sur le vécu de la jeunesse. Et à la question de savoir pourquoi un tel engagement, cet originaire de la ville de Koupéla ne passe pas par quatre chemins : «Je vis, je vois, donc je dis!» Telle est sa doctrine. 

Ouvert à tout genre musical, il se démarque par ses textes prononcés dans sa langue maternelle, le mooré. Une manière pour lui non seulement de rester attaché à ses racines, mais surtout de donner une identité à son style de rap. Il y a encore du chemin à parcourir et il le sait. «C’est maintenant que tout commence», affirme-t-il. Même s’il n’est pas parvenu à devenir le grand footballeur dont rêvait son père, Assan Youssef Kaboré, Sa Majesté Askoy, a tout d’un véritable Etalon de la musique nationale burkinabè qui ambitionne faire «des pieds et des mains pour faire rayonner la culture burkinabè aux quatre coins du monde».    

© Fasozine N°77 Septembre-Octobre 2018

 

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